Aux Marins : Mémorial des marins morts pour la France
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LES DAVIEDS DE SAINT MATHIEU
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Le Mémorial et son environnement
La pointe St Mathieu
Histoire du site de Saint Mathieu
Le site de Saint Mathieu
Le Mémorial
- De la stèle au cénotaphe
- La stèle
- Le Cénotaphe - Historique du lieu
- Le Cénotaphe - Le concept
- Le Cénotaphe - Description architecturale
Le phare de Saint Mathieu
Le sémaphore de Saint Mathieu
Les davieds de Saint Mathieu

Apparemment éloigné des objectifs du site dédié « Aux Marins », le davied ou davier représente un des éléments qui lie le monde de la mer et le monde de la terre.

Une part importante de la population du littoral a longtemps exercé la double activité, mi-marin, mi-paysan.

La mer si dure pour le marin, se fait douceur pour la terre, le courant la réchauffe, le sable l’allège, le goëmon la nourrit.

Mais le goëmon devient aussi un complément économique lorsqu’au XVII° siècle, il est découvert que ses cendres contiennent de la soude, substance nécessaire à la fabrication du verre et jusqu’alors importée de l’étranger (Alicante). En 1811, Bernard Courtois (1777-1838), chimiste et pharmacien, découvreur de la morphine dans l’opium, isole desdites cendres, l’iode. Une première usine s’installe au Conquet en 1828, elle poursuit ses activités jusqu’en 1955.

Cette semi industrialisation active le ramassage du goëmon réservé, jusqu’alors, à l’amendement des cultures et remonté à dos d’hommes et de femmes qui « forment de lourds paquets et les rapportent attachés à leur ceinture » note en 1774 le recteur de Saint Mathieu. Si le goëmon d’épave peut être enlevé à tout moment, la coupe du goëmon de rive ou de mer est règlementée depuis fort longtemps.

Contrairement à la côte nord du Léon qui permet une approche des charrettes jusqu’à la laisse de mer, la côte au sud de la pointe Saint Mathieu, escarpée, aux bords abrupts, se prête mal à un enlèvement massif du goëmon de coupe qui prolifère sur le haut fond des Rospects, battu par la houle de sud ouest. Il apparaît nécessaire de créer un appareil spécifique.
Ainsi en s’éloignant de la pointe, par le sentier côtier, le regard rencontre bientôt, à l’aplomb de la falaise, une maçonnerie qui évoque un système défensif puis, au sommet de cette muraille, si elle a été préservée, une pierre percée, usée, fait travailler l’imaginaire. C’est un davier. Il est plus que probable que nous devons à l’accroissement de la demande la création de cet appareillage.

Des murs de pierres sèches sont soigneusement élevés. Le vide intérieur, à l’opposé de la falaise, est comblé par du remblais recueilli à l’entour, afin de former une terrasse permettant l’accès des charrettes mais aussi les allées et venues du cheval utilisé pour monter les algues. Sur ces terrasses ou non loin sont installés des fours à soude dans lesquels on brûle le goëmon séché afin de recueillir les pains de soude qui sont envoyés à l’usine pour traitement. Le davier proprement dit est l’ensemble de levage, utilisé pour monter la charge. Il comprend la pierre (ar mean daviet) percée d’un trou dans lequel vient se loger un espar en bois d’orme (ar c’hoad daviet) surplombant le vide, au bout duquel se trouve un réa permettant le passage de la corde. Cette pièce de bois est basculée à l’arrivée de la charge afin de la déposer en sécurité sur la terre ferme.

Le nom de davier est aussi celui que l’on donne à cette poulie et à ce rouleau qui, à la proue ou à la poupe d’un bateau sert à laisser filer ou à remonter un cordage. Nous sommes bien dans le monde maritime.
Nous n’oublions pas non plus en tournant notre regard vers la haute flèche du phare qui domine tous ces daviers que sa lueur jaillit d’une lampe aux iodures métalliques … un sel d’iode.
Plus d’une soixantaine de daviers sont dénombrés dans cette partie du littoral.

Ce type d’exploitation décline malgré une relance allemande en 1943 en raison des besoins médicaux de l’armée en iode pour ses blessés. Il est vrai que se développe parallèlement un véritable métier, celui de goëmonier, qui met en exploitation de véritables gisements d’algues comme celui de l’archipel de Molène, les chevaux y étant même transbordés, mais l’épopée de cette communauté de gens de mer n’a guère stimulé l’imaginaire de nos gens de lettre contrairement à Flaherty qui « saura, comme pour les hommes d’Aran, l’inconcevable dureté de leur existence et sa splendeur sauvage » écrit Michel le Bris.
Aran … Saint Mathieu, un lien spirituel …

Rémy le Martret