Aux Marins : Mémorial des marins morts pour la France
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LE SÉMAPHORE DE LA POINTE SAINT MATHIEU
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Le Mémorial et son environnement
La pointe St Mathieu
Histoire du site de Saint Mathieu
Le site de Saint Mathieu
Le Mémorial
- De la stèle au cénotaphe
- La stèle
- Le Cénotaphe - Historique du lieu
- Le Cénotaphe - Le concept
- Le Cénotaphe - Description architecturale
Le phare de Saint Mathieu
Le sémaphore de Saint Mathieu
Les davieds de Saint Mathieu

La pointe ainsi nommée à la suite du fait miraculeux ayant touché la translation des reliques de Saint Mathieu, est un site remarquable de toute antiquité. Le géographe grec Ptlolémée l’aurait évoquée sous le nom de « promontoire de Gobée ».

Il faut cependant attendre Vauban et le règne de Louis XIV pour que la pointe Saint Mathieu s’inscrive dans un schéma de défense des abords de Brest et de protection à terre de la marine royale. Des dispositifs d’alerte et une organisation de veille et de transmissions d’informations sont mis en place. L’abbaye de Saint Mathieu avec ses défenses et les moines sont intégrés dans ce système. La tour donjon sert de tour de guet et de tour à feu. Dom Le Pelletier, historien breton, présent à Saint Mathieu de 1689 à 1697, est nommé « capitaine garde-côtes » car les rapports qu’il rédige sur les vaisseaux ennemis sont extrêmement justes. Ainsi, l’échec de la descente anglaise à Camaret en 1694, peut-il être mis au compte des observations réalisées alors.

La France est en danger en 1794, an II de la république. Les batteries côtières sont réactivées mais il faut attendre 1806 pour que soit décidée la construction d’un premier sémaphore. Il se situe dans le sud de l’abbaye à environ 500 mètres de l’extrémité de la pointe. Il a alors pour vocation la protection du goulet de Brest. C’est au premier étage d’une caserne distante de 50 mètres de l’appareil à signaux que les guetteurs assurent la veille. Ils logent au rez-de-chaussée. Cependant, faute de crédits, la petite tour prévue pour améliorer les conditions de travail, n’est pas construite.

La fin de l’Empire est marquée par un désarmement général.Saint Mathieu est l’un des rares postes à ne pas être désarmé, il reste en effet en activité dans le cadre de la ligne de signaux reliant Brest à Ouessant, chargé d’avertir le port de l’arrivée de bâtiments.
En 1862 le sémaphore est déplacé sur un terrain à 200 mètres environ dans l’est de la chapelle. L’ancien sémaphore de 1806 est détruit quelques années plus tard pour dégager la vue sur le poste de Creac’h meur.

En 1868, il devient poste météorologique, le premier créé dans le deuxième arrondissement maritime et le seul, avec Toulon, à être doté d’un anémomètre enregistreur, invention récente.Toutefois, cette situation n’est pas satisfaisante en raison du mauvais champ de vue vers Molène, Corsen et Ouessant.

En 1900, la Marine obtient le droit de construire, sur un terrain appartenant aux Ponts et Chaussées, un édifice entre les ruines de l’abbaye et la mer. En 1906, le bâtiment de 3 étages est achevé. Au sommet se trouvent l’appareil sémaphorique et la chambre de veille, à la base sont bâtis les logements des guetteurs.

À l’issue de la « Grande Guerre » de 1914/1918, la chambre de veille est agrandie par un balcon couvert qui fait le tour du dernier étage. L’ancien poste de 1862 est remis aux domaines le 31 décembre 1917 et sera détruit par les Allemands en 1944. Au cours de la seconde guerre
mondiale, le sémaphore ne semble pas avoir beaucoup souffert car seuls quelques petits travaux de remise en état sont effectués et on conserve l’abri pour projecteur, installé sur la terrasse supérieure par les Allemands.

En 1957, les logements sont rénovés et deux nouveaux bâtiments construits dans le prolongement des anciens.Depuis le 15 septembre 1962, les 6 guetteurs assurent une veille permanente, premier sémaphore de ce type à appliquer ce type de service.

Le 30 mai 1973 et après 8 mois de travaux, les guetteurs prennent leur service à l’intérieur d’une chambre de veille entièrement nouvelle, construite au sommet de la tour, à quelques 20 mètres au-dessus du sol, plaçant le guetteur à une hauteur de 39 mètres au-dessus du niveau zéro des cartes. Un étroit escalier de 92 marches en granit y mène.

Établi sur une emprise au sol de 920 mètres carrés, le sémaphore occupe la situation géographique suivante : 48° 19’ 51’’ Nord, 04° 46’ 20’’ Ouest. Ainsi, de leur superbe panorama, les guetteurs surveillent et continueront de surveiller le trafic en Iroise et à l’entrée de la rade de Brest de la façon la plus efficace qui soit, perpétuant ainsi la mission des moines guetteurs du XVII° siècle.

Rémy le Martret