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Un livre de pierres qui témoigne de son histoire mouvementée
Le « gibet des moines »
Pierres de culte païen (pierres levées, pierres phalliques, tombes de l’âge de bronze, haches et autres outils dispersés sur la commune de Plougonvelin témoignent de l’occupation du site et de ses alentours à l’époque préhistorique et protohistorique par des peuples celtiques
Le jardin des moines
Des hauts murs de pierre attirent le regard du visiteur dés l’entrée du site. A gauche de la large place du village qui mène à l’abbaye et à l’église paroissiale le promeneur découvre un très vaste espace clos de murs. Bien orienté, à l’abri des vents dominants ce lieu privilégié assurait la subsistance des moines mais aussi de toutes les personnes dont ils s’occupaient (pèlerins, malades, pauvres..).Outre les légumes, les fruits, les fourrages, ils cultivaient aussi les plantes médicinales nécessaires à la fabrication des diverses drogues, onguents…
L’église paroissiale Notre Dame de Grâce
De l’église d’origine il ne reste que la nef principale et le magnifique porche du XIVè S qui témoigne de l’ancien tracé de l’église. La statue positionnée au dessus du portail représente une Vierge à l’enfant (il s’agit d’une copie dont l’original est dans le musée ; elle date du XIVème Siècle )
Ouverte régulièrement au public, entre le sol pavé de larges dalles de pierre et la voûte de bois en forme de carène, la chapelle actuelle revêt une grande sobriété favorable au recueillement.
La statuaire rappelle le récit légendaire de la fondation de l’abbaye par la présence d’une statue de St-Tanguy et de Ste-Haude. St Tanguy aurait fondé le monastère à la demande de St-Paul Aurélien après avoir obtenu le pardon pour la décapitation de sa sœur injustement accusée. Des ex-voto et un autel au dessus duquel se dresse le groupe de la Vierge et des anges dominant une mer lourde d’écume rappellent ce lieu entre terre et mer
Deux hautes croix de micaschiste s’élèvent de part et d’autre de la chapelle.
Enfin, un simple panneau de bois matérialise le départ du nouveau chemin vers Compostelle, celui du 3 ème millénaire.
Le phare
Dés le XIIIèS un fanal placé au sommet de la tour de l’abbaye guidait les navires en mer d’Iroise. En 1689 une lanterne vitrée close est installée ; le système se perfectionne en 1771 avec l’introduction de l’éclairage à huile
En 1821 le feu devient tournant à éclipses ; en 1900 la lumière devient plus forte par la mise en place d’un brûleur à injection marchant au pétrole . Il sera électrifié en 1932 Actuellement il est automatisé
Un sémaphore complète la sécurité du secteur
Le phare et le sémaphore font l’objet d’une présentation particulière dans la rubrique « Le mémorial et son environnement » du site www.auxmarins.com
L’abbatiale de St-Matthieu
Selon le plan des églises primitives, l’église est orientée Ouest (portail trilobé accès des pèlerins) Est (chevet actuellement passage des visiteurs)
Sa fondation pourrait se situer dés le VIèS ; mais les fouilles entreprises ne peuvent le confirmer. Seuls la toponymie qui révèle des ermitages aux alentours de l’abbaye et des textes anciens attestent de la présence d’une abbaye Celtique primitive appliquant la règle de St Colomban moine Irlandais qui vécut au VIè S
L’abbaye actuelle a été édifiée en plusieurs étapes facilement repérable en visitant l’édifice.
La partie Romane de l’édifice (XIè-XIIèS) correspond à la façade occidentale,le mur Nord et le transept
La partie Gothique, largement développée, garde par ses dimensions et la qualité de son architecture la solennité d’antan.
La grande variété de l’architecture et de décoration s’expliquent par les diverses influences liées aux multiples étapes de la construction ; les visites guidées et les informations mises à la disposition du public par le musée permettent de découvrir l’histoire du lieu à travers la pierre
Deux chapelles absidiales du chevet ont été détruites pour permettre la construction du phare
Les bâtiments conventuels
Le dortoir médiéval
Quelques éléments du dortoir médiéval sont visibles en appui de la de la face Nord de l’édifice ; on peut observer en particulier les étroites fenêtres et les banquettes qui permettaient aux moines de se recueillir à la lumière du soleil couchant
Au XVIIèS les moines de St-Maur ( Bénédictins réformés)prennent le relais. Ilst construisent un nouveau couvent et des bâtiments pour accueillir les pèlerins .Les fouilles entreprises récemment ont mis en évidence le sous bassement de l’édifice . Une maquette exposée au musée donne une idée précise de ce qu’était l’abbaye entourée de remparts, avec son entrée monumentale, sa cour d’honneur, l’église abbatiale, les bâtiments conventuels et son imposante tour à feu .
La tour à feu
Réduite de moitié vers1835 pour permettre au faisceau du phare de se déployer sur 360 degrés, la tour a alors perdu sa vocation : depuis le XVIIè S les moines ont reçu la mission d’entretenir un feu pour permettre aux vaisseaux du roi de rallier Brest de nuit ; les moines rendaient ce service au roi…et dans un même temps bénéficiaient du « droit de bris » par lequel ils prenaient pour partie possession des épaves, biens…et dépouilles échoués sur la côte!
Le musée
Situé dans la maison des gardiens construite auprès du phare, le musée est géré par l’association « les amis de St-Mathieu » qui s’est attachée depuis plusieurs dizaines d’années à rendre au site toute sa dimension. Deux salles présentent l’essentiel de l’histoire du site et de l’abbaye : pièces archéologiques, documents divers, maquettes , travaux de recherches et vente de livres complètent les panneaux d’interprétation répartis sur le site. Une vidéo film permet aux visiteurs de remonter le temps .Un site internet est en place www.amis-st-mathieu.org
Blasons et armoiries
Plusieurs blasons et armoiries, encore présents sur le site,ont fait l’objet d’études. On remarque en particulier à l’entrée par le chevet une façade de tombeau qui passe pour être celui de Guillaume de Kerlech, abbé de 1430à1462, dont on distingue le blason dans la richesse de la sculpture
Le blason de la famille du Châtel , famille toute puissante du Léon et bienfaitrice de l’abbaye est apposée sur la tour à feu
Classé depuis 1867, le site a fait l'objet de campagnes de fouilles ainsi que de travaux pour la protection et la mise en valeur du site .Le dernier chantier a permis la restauration du mail et de la cave mauriste
Danièle CORNEC
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